entre villes et campagnes

Elisabeth sur la Dordogne

Une exposition de septembre à octobre 18 à Mauriac dans le Cantal

La source d’inspiration d’Elisabeth Towns a été la rivière Dordogne et ses paysages aux abords du barrage de l’Aigle ainsi que le quotidien des habitants parmi lesquels celui d’anciens salariés EDF.

Les travaux photographiques exposés ne prétendent pas à l’exhaustivité.
Tels des retours d’expérience, ils présentent quatre pistes de recherche dégagées au cours de l’exploration :
1- Le lit de la Dordogne autour de barrage de l’Aigle
2 - La vie en bleu EDF
3 - Land art sur Dordogne
4 - Transparences

au sténopé "Le lit de la Dordogne"

images latentes en réserve de biosphère...

Lit (sens 12) : canal par où coule une rivière, par comparaison du fond sur lequel est la rivière avec le lit où l’homme s’étend. Du lat. lectus ; grec, λέκτρον et λέχος, de λέγειν, mettre, poser. (Littré)

Pour cette semaine d’investigation photographique à Spontour, j’avais mis le strict minimum dans le sac à dos. Des boîtes, certes, du papier photo aussi mais rien qui me permette de développer les épreuves et de rectifier le temps d’exposition le cas échéant. Je déchargerais puis rechargerais mes boites la nuit, à l’aide d’une lampe frontale recouverte de film inactinique.
Depuis le gîte-école où je loge, je m’imprègne du paysage. Quelque chose trouble ma perception, de manière presque subliminale. Au bout d’un moment, je me rends compte que l’eau bouge à peine.
Je ne m’attendais pas à un environnement aussi boisé, donc vert, ni à une eau aussi étale et opaque, sombre malgré le bleu du ciel. Les gorges qui l’encadrent sont étroites et escarpées. Au coeur de ces forêts de pente, peu de négatifs ont échappé à la sous-exposition. Chacun porte des traces de maltraitance, suite à un régime de développement poussé au-delà du raisonnable. Je ne suis pas familiarisée avec les grands aplats couleur biosphère et les temps de pose qu’ils exigent. D’autant plus quand, au fond de gorges escarpées à la végétation serrée, ils se soustraient aux bains de soleil.
A l’image de son environnement boisé, serré et opaque, l’eau de la rivière Dordogne entre Spontour et Chal¬vignac est une éponge à lumière.

En été, les lumières à saisir sont celles du matin, jusqu’à peu près 11h, et celles du soir entre 18h et 20h.
Mon aspiration à la prise de vue idéale s’est trouvée parfois mise en déroute par l’orientation du soleil. A pied, il est plus compliqué de faire coïncider ses désirs avec la course du soleil qu’en voiture.
Des prises de vue sténopé ont été refaites en automne. J’ai pu rectifier les temps de pose des sténopés et élargir mon périmètre d’exploration : Thierry C., rencontré sur la D16, à l’endroit où elle traverse le barrage de l’Aigle, aimait conduire et me permit de faire coïncider mes prises de vue avec la course du soleil. Merci à lui.

Aucune boite sténopé n’a été posée sur le barrage lui-même pour des raisons de sécurité.
Au regard de l’iconographie accessible sur Internet, j’ai préféré laisser l’ouvrage hors-champ et l’aborder en le suggérant de part et d’autre de son amont et de son aval.


depuis les ateliers sur la Dordogne avec EDF, en Baronnies Provençales avec le PNR, Oscura est attiré par les paysages ... autres performances à mettre en place, le vert est un vrai défi pour le temps d’exposition, les rencontres sont plus rares mais plus lentes et plus profondes, les temps de parcours s’allongent et les prises de vue se font plus distantes...

oscura@wanadoo.fr


La Plantade , Bort les Orgues

dans la continuité du partenariat avec EDF depuis 2019

Le barrage de Bort les Orgues a eu 70 ans en 2021. Cet anniversaire fut marqué à l’échelle du territoire par une programmation tout autant exigeante que réjouissante et coordonnée par Hydro Centre.

Parmi les évènements figure l’exposition La Plantade, cité des confluences. Proche de la confluence de la Dordogne avec la Rhue, La Plantade est un quartier de Bort les Orgues qui naît en même temps que le chantier du barrage, en 1942, pour héberger les ouvriers et leurs familles. Mais avec ses écoles, son cinéma, son café, son église, son théâtre, ses commerces, la cité faisait aussi figure de‘’ville dans la ville’’. Ses rues portent toutes le nom de pionniers de l’électricité.

La Plantade cité des confluences retrace l’histoire au quotidien de cette cité ouvrière. Organisées et consignées par Jean François Escapil-Inchauspé, des séances de travail hebdomadaires et collectives par visioconférence mettaient en perspective les idées, les matériaux collectés, les questionnements, les embûches, les scénographies possibles. Tous les mercredis, les membres disponibles du collectif constitué pour l’occasion (Claire Levasseur, Alain Albinet, Jean-François Escapil, Dominique Guillaume, William Lamary, Nicolas Santos) partageaient leurs pistes et leurs trouvailles puis questionnaient leur pertinence dans le cadre des scénarios d’exposition envisageables. La quête de matériaux (cartes postales, photographies, documents, objets) prenait parfois l’allure d’une chasse aux trésors. Les habitants de longue date ont été sollicités et ont contribué à cette collecte de matériaux.

Suite aux investigations photographiques d’Elisabeth Towns sur les rives des barrages de l’Aigle et de Bort-les-Orgues, Oscura a été interpellé pour aussi donner à voir un peu du présent de La Plantade. Chaque jour, des rencontres avec les habitants étaient organisées et leurs portraits réalisés au sténopé. Un laboratoire d’appoint avait été installé dans un local prêté par Les Restos du Cœur, au sein de l’ancienne école qui accueillait l’exposition. Les portraits étaient exposés au fur et à mesure sur un emplacement réservé à cet effet. A l’heure du finissage de l’exposition, chacun est venu décrocher son portrait.

Parallèlement, l’Espace EDF de Bort Les Orgues exposait Anatomie d’un lit, les rives autour du barrage de Bort-les-Orgues, photographies, sténopés et numériques, au cours de la résidence d’Elisabeth Towns.

Les Images sont sur la GALERIE - EDF - La Plantade

En été et à l’automne 2017, Elisabeth Towns de l’association Oscura a mené une investigation photographique en amont et en aval du barrage de L’Aigle, sur les départements de la Corrèze et du Cantal.

Le barrage de L’Aigle est un des rares barrages en France labellisé « Patrimoine du XXe siècle » par le Ministère de la Culture.

Cette investigation s’inscrit dans le cadre du travail mené par EDF depuis de nombreuses années en faveur de la valorisation du patrimoine industriel autour du barrage de L’Aigle : aménagement d’un belvédère à proximité de la crête du barrage, rénovation et ouverture au public du site des « Maquettes » et reconstitution d’une baraque comme celle occupée à l’époque par les constructeurs du barrage de L’Aigle, organisation de visites pour le public en partenariat avec l’Office de tourisme et le Pays d’art et d’histoire des Hautes Terres Corréziennes et de Ventadour.

Anatomie d’un lit
Les rives autour des barrages
La Plantade / Bort les Orgues