Technique

Avant que la photographie ne soit inventée, la Caverne de Platon, la Tente d’Al-Hasen, la Camera Oscura de Léonard de Vinci étaient les premiers théâtres d’images, des sténopés où l’on observe, philosophe et peint…

Le sténopé est la chambre noire la plus simple, une “ boîte ” percée d’un trou minuscule .La lumière et ses rayons s’y propagent en ligne droite, librement. Par conséquent, l’image qui se forme au fond de la “ boîte ” est inversée, de haut en bas, de droite à gauche et inversement.

Selon la forme et la taille de la boîte, on obtient des déformations plus ou moins importantes, des anamorphoses. Pour éviter les perturbations et les reflets, l’intérieur est peint en noir.

Afin d’optimiser la netteté, la “ définition de l’image ”, la taille du trou doit être calculée en fonction du volume de la “ boîte ” et de la distance focale. Il reste à calculer le diaphragme.
La pratique du sténopé se résume alors à des principes simples

Dans le laboratoire éclairé par une lumière rouge, lumière “ inactinique ” à laquelle le papier photosensible ne réagit pas, on glisse dans la boite une feuille de papier photographique et non du film. Le papier a un avantage : tous les participants suivent pas à pas chaque étape de la fabrication de l’image. La “ boîte ” fermée et le sténopé obstrué par un scotch noir (qui ne laisse pas passer la lumière), la caméra obscura est prête à fonctionner.

En principe, une fois décidé de son sujet et de son angle d’approche, on fixe la boîte afin qu’elle ne bouge pas durant la prise de vue. C’est le moment de mesurer la lumière à l’aide d’une cellule photographique ; On détermine ainsi le temps d’ouverture du sténopé. Pour “ déclencher ”, lancer la prise de vue, on ôte le scotch qui obstrue le petit trou. La sensibilité du papier étant faible (entre 1,5 et 3 asa), les temps de pause peuvent varier de quelques secondes à des heures, plus encore…On remet enfin le scotch.

De retour au laboratoire, on ouvre la boite et on retire le papier photographique que l’on plonge comme n’importe quel papier sensible exposé, dans le révélateur, puis le bain d’arrêt et le fixateur. On obtient alors le négatif papier, ce qui correspond à la pellicule plastique dont nous munissons généralement les appareils.

Pour obtenir la photo définitive, le positif, on met le papier en contact avec une autre feuille de papier photo vierge ; on projette alors au-dessus de ces deux feuilles de la lumière blanche qui traverse le négatif et qui par transparence, “ imprime ” le futur positif.

Ensuite on en finit plus d’apprendre et d’inventer.