La nature du corps céleste, Marseille

ou petite histoire photographique naturelle de la terre

ou petite histoire photographique naturelle de la terre

Projet de proximité avec les élèves de l’école Vincent Leblanc

La Minoterie, théâtre de la Joliette, Marseille

Intervenantes Oscura : Gisèle Lafforgue et Elisa Towns

2010-2011

Dans le cadre des projets de proximité qu’il mène avec l’école Vincent Leblanc, le théâtre de la Minoterie a invité la Compagnie Lalage à mettre en œuvre des ateliers d’écriture, de vidéo de marionnettes et l’association Oscura des ateliers de photographie sténopé. Sur la proposition d’Elisabetta Sbiroli, la classe de Nicole Mourgues, celle de Jean-Claude Lourençon et les 2 associations se retrouvent autour de Corps céleste.
Gisèle Lafforgue et Elisa Towns choisissent d’aborder cette œuvre d’Anna Maria Ortese avec un fil conducteur : celui d’un corps à corps entre l’homme et la ville en mutation.
Avec les élèves, elles s’inspirent des visions d’A.M Ortese pour se perdre puis se retrouver dans le visage en devenir du quartier Joliette Arenc.

Durant les séances de prises de vue, les participants font l’expérience de ce corps à corps avec la ville. Une question guide les pas : à cet endroit, quelle place la ville verticale laisse au corps, que ce soit celui du soleil, de la terre ou des hommes ? Ses façades vitrées à double peau absorbent le soleil et laissent l’ombre dans les rues. Si l’ombre témoigne de la réalité d’un corps, alors c’est bel et bien la réalité des blocs protéiformes qui s’impose dans les rues métamorphosées.
Les parcours photographiques sont une quête : où chercher le soleil dans les rues ? comment toucher la terre ? Par où suivre les ondulations de l’air ? Les immeubles font rideau. Le vent lui-même ne sait plus quel chemin poursuivre. Le corps cherche sa place.

Les photographies travaillent une relation physique : celle du corps des hommes et celui de la ville. Elles cherchent cette confrontation : comment un visage prolonge le paysage ? Ou au contraire, comment fait-il rupture avec lui ? Tour à tour, la peau d’un immeuble se confond avec la peau d’une main puis s’en détache et parfois la griffe ou la déchire. A moins que ce ne soit l’inverse, quand des murs, trop étanches bloquent la circulation et la respiration des hommes.