le Fort Saint Jean, MUCEM Marseille

dans le cadre du suivi du chantier de la salle Georges Henri Rivière

Chambres noires au Fort Saint Jean

Chambres noires au Fort Saint Jean


Participants  : Jean-Paul, Saïd, Mhadjou, Pierre, Claude, Taïeb, Jean-Louis
Anne-Laure, Ousmane, Saliha, Rudy, Gaby, Ziné, David, Alim, Yaya, Ali, Greta, Otmane, Gérard, Michelle, Gilles, Amor, Hélène, Fatima, Maïthé, Frédérique, Rémi, Jean-Marie, Alexandre, Bernard, Nassera, Jacques, Hassan, Paul, Elise, Juan, Myriam, Rokia, Nathalie, Monsieur Max, Claudio, Aurélie, Habib, Sylvia, Suzett, Aïcha, Annie, Zora, François, Vincent, Alain, Aurore, Brahim, Monsieur Zaza, Franck, Zina, Tamo, Serge, Zakariae, Nicolas, Christophe, Fathia, Lydie, Michaël
Et
la Maison pour tous Panier Joliette, le DRASSM, le CIERES, le centre social Baussenque

Interlocuteurs principaux du MuCEM  : Michel Colardelle, Florence Pizzorni, Denis Chevallier, Jakline Eid

Intervenants et photographes d’Oscura  : Céline Huez, Jean-Michel Galley,
Gisèle Lafforgue, Maithé Panter, Elisabeth Towns

Rappel
Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) est le premier projet de décentralisation d’un musée national. Outre les collections du MNATP (Paris), une partie de celles du Musée de l’homme (Paris) est concernée par cette décentralisation.


Le suivi du chantier de la salle Georges Henri Rivière
En 2006, la restauration et l’aménagement de la salle GH Rivière marquèrent le début des travaux du MuCEM, sur le site du fort Saint Jean.
A cette occasion, Oscura présenta Chambres noires au Fort Saint Jean au directeur du MuCEM et à son équipe. Le projet retint leur attention et Michel Colardelle invita Oscura à rencontrer les architectes et les entreprises responsables du chantier. Chambres noires au Fort Saint Jean commencera en décembre 2006.

Cette création collective photographique repose sur une dimension participative, la diversité iconographique ainsi que sur le dialogue instauré entre les générations et les cultures.
Le projet s’est bâti autour d’un suivi du chantier de la salle GH Rivière transformé en espace photographique dans lequel les habitants ont pu découvrir le site et rencontrer les ouvriers chargés des travaux.
Notons que jusqu’alors, l’accès du fort Saint Jean était restreint et ne concernait que la tour du Roi René.

Plutôt que de traiter systématiquement les étapes de mise en œuvre par une anatomie des travaux, des sujets singuliers et sensibles reflétant les différents points de vue furent conçus en équipe.
Ces points de vue ont été les indices de la déambulation ; ils ont marqué l’évolution du site en cristallisant les émotions spatiales et lumineuses.
Ils renvoient principalement à des chemins d’accès au site : escaliers, esplanades et terrasses, seuils et cadres, traces et arrachements.
Bien que développés à l’intérieur du fort, les chemins se sont parfois prolongés à l’extérieur, dans des lieux plus intimes et familiers aux participants.
Outre son laboratoire installé dans les étages de la tour du fanal, Oscura a mis en place des ateliers sténopé au centre social Baussenque, à la Maison pour tous Panier-Joliette.

Oscura a aussi collaboré à des ateliers dans les quartiers, notamment Mon trésor, conduit par Guylaine Bouvy, à partir de l’exposition inaugurale Trésors du quotidien.

Durant les investigations d’Oscura sur le site du fort Saint Jean, ces chemins n’ont pas été exclusifs les uns des autres. Ils se sont superposés, enchaînés. Cette porosité a laissé la part belle aux vagabondages, passant du chantier aux parties en friche ou en restauration, jusque dans les présences archéologiques.

Les prises de vues ont été réalisées avec et par les habitants et les ouvriers.


Une chambre noire dans la tour du fanal
Le 31 mars 2007 avait lieu l’inauguration de la salle Georges Henri Rivière avec l’exposition Trésors du quotidien. A cette occasion, au rez-de-chaussée de la tour du Fanal, Oscura a aménagé avec les ouvriers et les chefs de chantier, un sténopé géant entièrement réalisé avec des matériaux de récupération trouvés sur le chantier. Au pied du fanal, comme dans les anciennes architectures souvent irrégulières, il a fallu installer une structure fixe supplémentaire, ni clouée, ni vissée, respectant ainsi les critères de protection patrimoniale. Les visiteurs entrant dans la chambre géante ont été immergés dans le phénomène et ont expérimenté la troublante apparition de l’image sur les murs bruts.


Des calicots sur le mur sud du fort
Dix grands calicots sténopés représentatifs cette œuvre collective furent accrochés pendant six mois sur le mur sud du Fort, à l’entrée du vieux port.
Le noir et blanc, les anamorphoses et les points de vue jouèrent avec la mer et firent découvrir un nouveau regard sur le site du fort Saint Jean. Les visions oniriques et les choix iconographiques surprirent et déroutèrent aussi la perception des marins, des plaisanciers et des marseillais habitués à la couleur et aux formes de la ressemblance.